Les pays d’Afrique subsaharienne pauvres en ressources financières avaient peu à offrir à leurs populations en guise d’intervention contre la covid-19. La région affiche pourtant une résilience qui se caractérise par la reprise d’une croissance qui devrait être mieux répartie.

Une récente mise à jour du Fonds monétaire international (FMI) sur les réponses budgétaires des gouvernements du monde face à la covid-19 confirme que les ménages et les entreprises présentes dans les 41 pays d’Afrique subsaharienne à moyen et faible revenu ont reçu peu d’appui face à la pandémie. Au total, les appuis budgétaires de la région ont atteint à fin juillet 2021, la valeur de 32,1 milliards $.

En comparaison, les gouvernements des 10 pays les plus riches du G20 (20 puissances économiques du monde) ont engagé 8257 milliards $ dans le même cadre. Il faut y ajouter pour l’Union européenne (UE) un appui budgétaire supplémentaire de 488 milliards $, ce qui porte le total à 8745 milliards $. Cela représente plus de 272 fois ce dont les habitants et entreprises actives en Afrique ont bénéficié comme appui budgétaire.

En plus des interventions obtenues à travers les mécanismes du budget, les pays riches du G20, notamment ceux de l’UE, ont reçu des appuis en termes de liquidité pour une valeur globale de 5827 milliards $. Le Japon (1475 milliards $) et l’Allemagne (1045 milliards $) ont été les plus dynamiques sur ce segment. Il faut y ajouter une fois de plus l’appui de l’UE qui a aidé ses pays membres à hauteur de 788 milliards $.

Une réflexion plus conservatrice sur la gestion de la covid-19 par les gouvernements des pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne tend à démontrer que les politiques budgétaires contre la pandémie ont peu profité aux populations. Certaines mesures ont consisté en des cadeaux fiscaux qui ont profité aux entreprises structurées, dont une majorité est recrutée parmi les sociétés à capitaux étrangers. Il n’est pas aujourd’hui démontré que ces sociétés ont transmis ces bénéfices fiscaux à leurs consommateurs locaux, comme c’est le cas pour toute augmentation de charges.

Même si l’Afrique subsaharienne est la partie du monde qui a enregistré le moins de cas de covid-19 par rapport à sa population, l’Agence Ecofin a pu observer que le nombre total de décès officiellement enregistré au 13 octobre 2021 (87 864) représente 2,2% du nombre de personnes infectées. Dans les pays développés, le nombre de décès est bien plus important, mais en valeur relative, cela ne représente pas souvent plus de 1,6% du nombre de cas positifs.

Malgré de faibles appuis budgétaires, les économies d’Afrique subsaharienne sont de nouveau au rendez-vous de la croissance en 2021. Le FMI y prévoit un rebond de 3,7% du produit intérieur brut (PIB). On ignore cependant si les leçons de la covid-19 ont été tirées par la classe dirigeante. Les avantages fiscaux octroyés pour attirer des investissements internationaux font perdre à la région des ressources financières qui pourraient aider dans la survenance des crises graves. Agence Ecofin

 

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