Plus de 70 personnes ont été arrêtées dans plusieurs villes du pays suite à des manifestations très violentes.

La police sénégalaise a interpellé mercredi 3 juin plus de 70 personnes, après de violentes manifestations dans plusieurs villes du pays pour réclamer la fin du couvre-feu instauré en mars pour endiguer la progression du Covid-19, a-t-on appris de source proche du dossier.

Les manifestations ont démarré mardi et se sont prolongées dans la nuit, dans un pays qui compte 3 932 contaminations et 45 décès au 4 juin dus au nouveau coronavirus, et où les restrictions imposées par l’état d’urgence sanitaire sont de plus en plus contestées.

Dans la ville de Touba, siège de la puissante confrérie des mourides, à 200 kilomètres à l’est de Dakar, le bilan est de «trois véhicules d’intervention de la police et une ambulance brûlés, le centre de traitement des malades du Covid-19 attaqué, les vitres de la [compagnie nationale d’électricité] Senelec caillassées», a indiqué à l’AFP un haut responsable sénégalais s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

Les manifestations ont également touché Mbacké, voisine de Touba, où des jeunes ont érigé des barricades et brûlés des pneus, ainsi que Diourbel (centre) et Tamba (est). «Le nombre d’interpellés s’élève à 74, à savoir 29 à Touba, 38 à Mbacké, 2 à Diourbel et 5 à Tamba», a déclaré mercredi en fin de journée une source proche du dossier ayant également requis l’anonymat.

Instauré le 23 mars par le président Macky Sall pour combattre le Covid-19, l’état d’urgence est jusqu’ici assorti d’un couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin et d’une interdiction de circuler entre les régions. Il a été prolongé jusqu’à fin juin, même si le chef de l’Etat avait annoncé le 11 mai un assouplissement des mesures, comme la réouverture des marchés, des commerces et des lieux de culte. AFP

 

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