Des scientifiques des Etats riverains du fleuve du Nil se sont réunis, lundi à Khartoum, la capitale du Soudan, pour discuter de l’impact environnemental du barrage de la Grande renaissance, en Ethiopie.

Les scientifiques éthiopiens, soudanais et égyptiens tiennent leur cinquième réunion du Groupe national indépendant de recherche scientifique (NISRG) après qu’Addis-Abeba a rejeté la proposition du Caire de libérer chaque année 40 milliards de mètres cubes d’eau du Nil dans les pays en aval.

La proposition de l’Egypte exigeait également de l’Ethiopie qu’elle remplisse le réservoir du Grand barrage de la renaissance de manière plus graduelle.

Le gouvernement éthiopien a déclaré à ce propos que la proposition de l’Égypte allait à l’encontre des meilleures pratiques transfrontalières qui régissent les relations entre les pays partageant des fleuves transfrontaliers.

Il y a un mois, le président égyptien Abdel-Fattah Al-Sisi avait défendu l’idée selon laquelle le barrage éthiopien sur le Nil n’aurait jamais été construit sans l’impact du soulèvement de 2011 dans son pays.

Le Caire avait même laissé entendre qu’il pourrait faire la guerre contre la construction d’un barrage sur le fleuve qui répond aux besoins en eau du pays.

Dans sa dernière proposition, l’Egypte a également demandé à l’Ethiopie de libérer de l’eau supplémentaire lorsque le volume du barrage d’Assouan tomberait au-dessous de 165 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La réunion en cours devrait examiner les points de l’ordre du jour approuvés lors de la réunion des ministres de l’Eau des trois pays qui s’est tenue au Caire les 15 et 16 septembre 2019.

Par ailleurs, le NISRG devrait rendre compte, les 4 et 5 octobre 2019 à Khartoum, des résultats de ses délibérations aux ministres de l’Eau.

Dans son allocution devant l’Assemblée générale des Nations Unies la semaine dernière, la présidente éthiopienne Sahle-Work a déclaré que son pays croyait fermement que l’utilisation du Nil devrait reposer sur les principes d’utilisation équitable et raisonnable de ses ressources naturelles.

«La coopération dans le bassin du Nil n’est pas une option mais une nécessité », a soutenu la cheffe de l’Etat.

Le barrage éthiopien serait achevé à 68,3% et est considéré comme le plus grand d’Afrique. A son achèvement en 2023, il aura une puissance totale de 6450 mégawatts. APA

 

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