La somme échelonnée sur 15 mois permettra d’accompagner les pays plus pauvres dans la lutte contre la pandémie et la crise économique à venir

Face à la crise économique mondiale qui devrait découler de la crise sanitaire actuelle, la Banque mondiale sort l’artillerie lourde. L’institution s’est dite prête jeudi à déployer jusqu’à 160 milliards de dollars au cours des 15 prochains mois pour aider les pays les plus pauvres à répondre aux conséquences immédiates de la pandémie et soutenir la reprise économique.

L’Inde va recevoir un milliard de dollars

Son conseil d’administration a ainsi approuvé «un premier ensemble d’opérations d’aide d’urgence pour les pays en développement du monde entier», a-t-elle expliqué, faisant état d’un «premier groupe de projets, d’un montant de 1,9 milliard de dollars» pour aider 25 pays.

L’Inde sera le plus grand bénéficiaire de la première vague de programmes avec une facilité d’un milliard de dollars, suivie du Pakistan avec 200 millions de dollars et de l’Afghanistan avec un peu plus de 100 millions de dollars. Pour autant, les aides seront proposées aux pays de presque tous les continents, a indiqué la Banque.

«Dans le cadre de cette procédure accélérée, une aide est en préparation pour un autre groupe de quarante pays», a indiqué David Malpass, le président de l’institution, précisant qu’il s’agissait de « remédier aux conséquences immédiates sur la santé » de la pandémie. «Nous avons déjà des opérations de riposte sanitaire dans plus de 65 pays», a-t-il également indiqué. «Nous nous efforçons de renforcer la capacité des pays en développement à réagir à la pandémie de Covid-19 et à raccourcir le délai de reprise économique et sociale», a-t-il expliqué.

Une double pression économique et sanitaire

Les pays les plus pauvres vont subir deux fois les effets du coronavirus. N’ayant pas les infrastructures hospitalières adéquates, la surmortalité pourrait y exploser, en Afrique notamment. Mais une fois la crise sanitaire passée, les problèmes ne seront pour autant pas réglés.

La crise économique devrait voir une montée de l’extrême pauvreté dans ces pays. David Malpass a donc souligné la nécessité d’avoir «une action d’ampleur» pour les pays les plus pauvres qui sont les plus vulnérables et seront «probablement les plus durement touchés». «Ils subissent une double pression économique et sur le plan de la santé », a-t-il rappelé.

En réponse aux perturbations généralisées de la chaîne d’approvisionnement, la Banque mondiale aide également les pays à accéder aux fournitures médicales indispensables « en contactant les fournisseurs au nom des gouvernements », a expliqué l’institution qui encourage par ailleurs d’autres pays à fournir un soutien financier aux pays en développement.

«Ce paquet de réponses rapides sauvera des vies», a affirmé Axel van Trotsenburg, directeur général des opérations de la Banque mondiale. En outre, la branche du secteur privé de la Banque mondiale, la Société financière internationale, fournit un financement de 8 milliards de dollars «pour aider les entreprises privées touchées par la pandémie et préserver les emplois». AFP

 

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