C’est jour de réconciliation en Côte d’Ivoire. Et le symbole va être particulièrement fort. Plus de dix ans après leur dernière poignée de mains, le président ivoirien Alassane Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo doivent se rencontrer ce mardi. Ça sera donc une première depuis leur duel à l’élection présidentielle de 2010 qui avait débouché sur une violente crise.

Après un premier contact téléphonique au début du mois de juillet, ce face-à-face prévu au palais présidentiel à Abidjan devrait constituer un geste de plus vers l’apaisement de la vie politique, dans la continuité du retour de Laurent Gbagbo dans le pays le 17 juin.

«Décrisper l’atmosphère politique»

«Laurent Gbagbo est dans un esprit d’ouverture, de dialogue et de réconciliation», assure Franck Anderson Kouassi, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ancien président. «Il ne peut pas exclure quelle que rencontre que ce soit avec un acteur majeur de la politique, cela va dans la droite ligne de notre disposition d’esprit que de rencontrer le président Ouattara», 79 ans.

«C’est une visite de courtoisie à son aîné (…) si cela peut permettre de décrisper l’atmosphère politique, tant mieux», commente de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole de Laurent Gbagbo, 76 ans, appelant toutefois «à ne pas donner plus de relief à cette rencontre qu’elle n’en a». «Il n’y a jamais eu d’interruption du dialogue dans notre pays et il se poursuivra parce que telle est la volonté du gouvernement», estime pour sa part le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

Gbagbo reste un opposant

Depuis le retour de Laurent Gbagbo, acquitté par la justice internationale de crimes contre l’humanité, le mot réconciliation est sur toutes les lèvres. Elle n’est pourtant pas évidente, tant l’histoire entre les deux hommes reste intimement marquée par les violences post-électorales de 2010-2011. Cette crise née du refus de Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, de reconnaître sa défaite à la présidentielle face à Alassane Ouattara a fait plus de 3.000 morts. Il a pu rentrer en Côte d’Ivoire grâce au feu vert de son ancien rival, toujours au nom de la « réconciliation nationale».

Surtout, selon l’analyste politique Rodrigue Koné, le camp du président en exercice «interprète cette rencontre comme une reconnaissance de la légitimité et de la légalité d’Alassane Ouattara par Laurent Gbagbo. De façon aussi visible et officielle cela n’avait pas encore été acté. C’est symboliquement très important». Laurent Gbagbo reste toutefois un opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara. AFP

 

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