Le président Donald Trump a été destitué par la Chambre des représentants pour une deuxième fois historique, mercredi, étant accusé d’avoir «incité à l’insurrection» à la suite de l’assaut meurtrier survenu au Capitole la semaine dernière.
Protégés par les troupes armées de la Garde nationale, 232 élus ont choisi de destituer le président Trump, alors que 197 ont refusé.

La procédure a évolué à une vitesse fulgurante, les législateurs ayant voté une semaine seulement après que de violents partisans pro-Trump eurent assiégé le Capitole, encouragés par le président qui leur avait dit de «se battre farouchement» contre les résultats des élections.

Lors du vote, dix républicains ont fait défection au président, rejoignant les démocrates, qui jugent que M. Trump devrait être tenu responsable des événements. Selon eux, laisser le président aux commandes du pays jusqu’au 20 janvier représenterait un «danger manifeste et imminent».

Donald Trump est le premier président de l’histoire à subir deux fois un processus de destitution.

L’insurrection du Capitole a stupéfié et mis en colère les législateurs, qui ont dû se réfugier en sécurité pour éviter de faire face à la foule qui se ruait dans l’édifice. L’émeute a également forcé certains républicains à effectuer une prise de conscience, eux qui ont défendu le président tout le long de son mandat et qui l’ont laissé propager de fausses attaques contre l’intégrité des élections de 2020.

La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a invoqué Abraham Lincoln et la Bible, implorant les législateurs de respecter leur serment de défendre la Constitution de tous les ennemis, étrangers «et nationaux».

«Il doit s’en aller, il est un danger manifeste et imminent pour le pays que nous aimons tous», a-t-elle déclaré à propos du président.

Terré dans la Maison-Blanche, M. Trump a regardé le processus se dérouler à la télévision. Peu après le vote, il a publié une vidéo dans laquelle il a incité ses partisans à ne pas utiliser la violence, mais il n’a pas mentionné le processus de destitution.

«Comme vous tous, j’ai été choqué et profondément attristé par la calamité au Capitole la semaine dernière», a-t-il déclaré, condamnant pour la première fois l’assaut.

Il a fait un appel à l’unité, ajoutant que la «violence et le vandalisme n’avaient absolument aucune place au pays et dans (son) mouvement».

Donald Trump avait été destitué par la Chambre en 2019 relativement à ses relations avec l’Ukraine, mais le Sénat l’avait acquitté. Le président Trump est le premier dans l’histoire à être destitué deux fois, mais jamais un président n’a été reconnu coupable par le Sénat. Peut-être que cela pourrait changer cette fois-ci, alors que les républicains voient les donateurs et les grandes entreprises, notamment, se détacher du président défait.

Toutefois, selon le bureau du chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, le procès de M. Trump pourrait commencer au plus tôt mardi prochain, un jour avant que le président ne quitte son poste. La loi pourrait aussi empêcher M. Trump de se présenter à nouveau à la présidence.

M. McConnell estime que Donald Trump a commis des infractions passibles de destitution et considère que la procédure par les démocrates est une occasion de réduire l’emprise chaotique et conflictuelle du président sur le Parti républicain, a déclaré mercredi un stratège républicain à l’Associated Press.

M. McConnell a également appelé les principaux donateurs républicains ce week-end pour évaluer leur opinion sur Donald Trump et s’est fait largement dire que le président républicain avait dépassé les bornes. M. McConnell leur a dit qu’il en avait fini avec Donald Trump, a affirmé le stratège, ayant demandé l’anonymat pour décrire les conversations de M. McConnell.

Dans une note adressée mercredi à ses collègues, M. McConnell a déclaré qu’il n’avait «pas pris de décision définitive sur la manière dont (il) votera».

Même l’un des plus fidèles alliés de Donald Trump, Kevin McCarthy, le chef de la minorité républicaine de la Chambre, a changé de position et a déclaré mercredi que le président portait la responsabilité de la journée horrible au Capitole. Associated Press

 

AlloAfricaNews

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