«Chaque membre du Sénat sera jugé par l’histoire sur leur position avant le vote et après le vote», avait tonné Joe Biden mardi. Le coup de pression du président américain a, semble-t-il, échoué: jeudi, une sénatrice démocrate a répété qu’elle était contre la stratégie proposée d’un passage en force au Sénat pour faire adopter à la simple majorité une réforme électorale protégeant l’accès au vote des minorités. En cas d’échec, cela serait un second revers majeur causé par les divisions démocrates pour Joe Biden, un mois après le report d’un vaste plan de dépense pour le climat et le social bloqué par le sénateur centriste Joe Manchin.

Cette fois, c’est la sénatrice de l’Arizona, Kyrsten Sinema, qui est montée au créneau. Depuis le Sénat, elle s’est livrée à un exercice d’équilibriste : elle a d’abord expliqué qu’elle était favorable au double projet de loi mais contre une initiative visant à abaisser la majorité nécessaire pour les faire adopter de 60 à 50 voix. «Je ne soutiendrai pas d’actions distinctes qui aggravent la division sous-jacente rongeant notre pays», a-t-elle insisté, expliquant que cette règle obligeait les deux partis à chercher un compromis.
Une règle contestée

Cette «règle du filibuster» est une vieille tradition du Sénat. Pour éviter de s’exposer à une interminable obstruction parlementaire, il faut en effet 60 voix sur 100 pour tous les projets de loi sauf ceux touchant au budget. Cette majorité qualifiée des 3/5 est censée encourager la modération et le dialogue par-delà les lignes partisanes.

Problème, avec des divisions qui se sont creusées depuis l’élection de Barack Obama, il est presque devenu impossible d’atteindre les 60 voix, sauf pour des projets consensuels comme le gigantesque plan de dépense pour les infrastructures adopté fin 2021.

«Eliminer le seuil de 60 voix avec la plus mince des majorités possibles pour faire passer ces projets de loi que je soutiens ne garantira pas que nous empêchions les démagogues d’arriver au pouvoir», a déclaré Kyrsten Sinema dans un long plaidoyer, dénonçant la «spirale infernale de la division» qui mine l’Amérique. Joe Biden avait rendez-vous à la mi-journée avec les élus de son camp au Sénat pour les convaincre de se mettre en ordre de marche. Agence

 

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