Cette vidéo illustre un événement qui s’est déroulé le mercredi 6 janvier dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale du Ghana à Accra, le même jour que les partisans de Donald Trump se sont rebellés à Washington, vandalisant le Capitole et causant la mort de cinq personnes dont deux policiers.

L’incident au Ghana a eu lieu lors du dépouillement des voix pour déterminer le parti majoritaire à l’Assemblée et élire un président pour les quatre prochaines années.

Alors que le processus poursuivait son court normal, un membre du parti au pouvoir (NPP), en se rendant compte que la mouvance présidentielle perdait face au parti de l’opposition (NDC), a décidé de voler les urnes et de s’enfuir. Mais il a été poursuivi et attrapé, entraînant une bagarre qui n’a pu être arrêtée que grâce à l’intervention des forces de l’ordre. Lorsque l’urne volée a été récupérée et comptée, le parti de l’opposition (NDC) a gagné et élu un nouveau président de l’Assemblée.

Ce qui s’est passé au Ghana le 6 janvier a créé une situation très tendue dans le pays, en particulier à la lumière des résultats “frauduleux” de l’élection présidentielle du mois dernier contestés devant la Cour suprême cette semaine.

Depuis déjà plusieurs années le Ghana, autrefois théâtre de nombreux coups d’Etat, est cité par la vialité de sa démocratie. Mais les récentes élections législative et présidentielle emaillées de fraudes massives et des allégations de corruption au sein de la classe dirigeante, suscitent des inquiétudes sérieuses de la part des observateurs. Ces derniers craignent que l’actuel président du pays Nana Addo a suffisamment de velléités dictatoriales similaires à celles de certains de ses paires de la sous-région dont le guinéen Alpha Condé et qu’à terme, il pourrait être enclin de renvoyer la jeune démocratie ghanaéenne aux calendes greques.

Les détracteurs pointent principalement du doigt au fait qu’en l’espace de quatre ans, M. Addo a pu lui seul désigner 11 juges sur 17 à la Cour Suprême afin de s’assurer qu’il a le contrôle de cette chambre dans l’éventualité d’un changement controversé de la constitution pour lui permettre de rester au pouvoir. Mais une telle tâche ne sera pas facile puisque l’Assemblée nationale qui vote les lois est solidement dans les mains de l’opposition. Alsény Ben Bangoura

 

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