Autrefois une figure politique de premier plan en Afrique, les ambitions du président Condé de s'accrocher au pouvoir l'ont transformé en paria.

Le dirigeant guinéen Alpha Condé a procédé ce vendredi 19 juin à un léger remaniement de son gouvernement. Sans surprise, le Premier ministre Kassory Fofana ainsi que 23 ministres de l’équipe précédente ont été réconduits. Certains de ces ministres ont même évolué en grade devenant ministres d’Etat. C’est le cas par exemple de Tibou Camara, conseiller du président et ministre de l’Industrie et des PME. De même, Sanoussi Bantama Sow, ministre en charge des Sports, de la Culture et du Patrimoine historique.

Le remaniement est marqué par le départ de 5 ministres jugés “pas enthousiastes” pour n’avoir pas mouillé le maillot en ce qui concerne le projet de 3ème mandat en cours de préparation à Conakry. Ils ont été remplacés par des militants issus exclusivement du RPG-arc-en-ciel.

Autre détail, tribal -celui là, tous les ministères clés de l’Etat sont occupés par des malinkés, l’ethnie du président. Confirmation que la Guinée a effectivement basculé dans le totalitarisme à coloration ethnocentriste où l’injustice règne sans partage.

Ce nouveau gouvernement dit de “combat” intervient alors que l’octogénaire Condé continue molo-molo sa marche vers une présidence à vie, en violation flagrante de la constitution de 2010 qui l’autorise deux mandats non renouvelables.

Après avoir imposé dans le sang une nouvelle constitution le 22 mars dernier, le dirigeant guinéen a récemment mis en place un nouveau comité de campagne. De sources concordantes, il devrait annoncer, en août prochain, sa candidature à l’élection présidentielle.

Une telle sortie pourrait avoir lieu à Mamou, au centre du pays. Récemment, il a été rapporté  que M. Alpha Condé a sollicité et obtenu un soutien ferme d’Elhadj Biro Diallo afin d’accompagner sa campagne en moyenne Guinée, fief de l’UFDG. En échange, le nonagénaire et ancien président de l’Assemblée nationale au temps du Général Conté, aurait reçu une voiture et des “bundles”, en argent liquide. Mais certains de ses proches ont démenti cette information.

Face à une opposition en désarroi et une classe politique ignorante et corrompue, l’autocrate Condé semble garanti de décrocher un 3ème mandat mais les conséquences pourraient être douloureuses pour l’avenir de la démcratie, ainsi que pour le progrès économique et social de la Guinée, selon des observateurs.

Le premier tour du scrutin présidentiel en Guinée est fixé au 18 octobre 2020. Alsény Ben  Bangoura

 

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