Le président Alpha Condé a limogé ce mardi 12 mai 2020 son ministre de l’Energie Cheick Taliby Sylla. En fonction depuis plusieurs années, le limogeage de M. Sylla n’a pas surpris les observateurs. Il ya quelques jours, il affirmait que le délestage électrique dans le pays était du au non paiement des factures des fournisseurs de l’électricité.

M. Taliby Sylla était surtout dans le collimateur de Sèkhoutouréya depuis le rejet spectaculaire le mois dernier du plan de riposte national à la crise sanitaire coronavirus par la Banque Mondiale qui estimait que le gouvernement guinéen a surévalué de 40 millions d’euros le coût de l’électricité.

Dans un pays normal, on pouvait aussi s’attendre au limogeage ce mardi du ministre de la défense et des affaires présidentielles, Mohamed Diané, et celui de la Sécurité, Damantang Camara. Outre l’arrestation et l’incarcération arbitraire des opposants au régime sanguinaire de Conakry, ces derniers doivent être tenus responsables des bavures commises par les forces de l’ordre un peu partout dans le pays.

Au mois de mars dernier, le ministre Diané a été par exemple cité par certaines sources  comme étant l’un des architectes de la tuerie qui a eu lieu à N’Zérékoré où des affrontements entre Konianké et Guerzé ont fait une centaine de morts. Des contacts sur place effectués par une ONG étrangère confirmaient aussi la présence des militaires venant d’autres camps, des tirs à l’arme lourde, des lieux de prières incendiés et une fosse commune a été repérée au lendemain du double scrutin législatif et référendum auquel les populations locales étaient en majorité opposées.

Les dernières exactions commises par les forces de sécurité à Coyah, Dubréka et Kamsar ont fait 7 morts dont une femme enceinte de 5 mois.

Le corps d’une femme enceinte tuée à Coyah par les forces de sécurité guinéenne.

Même si le gouvernement s’est pressé d’annoncer la suppression d’un barrage, une des révendications des victimes, aucune arrestation n’a été opérée parmi les forces responsables de ces crimes odieux. En outre, le régime de Conakry n’a ouvert aucune enquête. On ignore les raisons pour lesquelles le gouvernement refuse d’ouvrir des enquêtes indépendantes pour situer les responsabilités.

En attendant de savoir un plus, des observateurs sont d’accord sur un point, à savoir que M. Alpha Condé et son régime n’ont que du mépris pour les guinéens.

Comme les autres crimes du passé récent en Guinée, le massacre du 28 septembre 2009 et celui de Zogota le 4 août 2012 notamment, il est peu probable que justice soit rendue aux victimes de Coyah tant que M. Alpha Condé et ses comparses resteront au pouvoir. Alsény Ben Bangoura

 

Cet éditorial reflète le point de vue de la rédaction du site d’information AlloAfricaNews

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