L’ex-dirigeant guinéen Alpha Condé a quitté Conakry ce lundi 17 janvier pour des soins  médicaux aux Emirats Arabes Unis, a t-on constaté sur place dans la capitale guinéenne. Selon la junte militaire au pouvoir en Guinée, le dirigeant déchu bénéficie d’une permission exceptionnelle d’un mois négociée sous les auspices de la CEDEAO.

Après ses contrôles médicaux, il doit retourner au pays où il demeure en résidence surveillée. On s’attend qu’il réponde éventuellement de ses actes devant la justice. Il ya quelques jours, le procureur général de la Cour d’appel de Conakry a instruit ses services d’ouvrir des enquêtes sur les actes de violences commis entre 2010 et 2020. De sources concordantes, le président déchu est accompagné de son médecin personnel et de deux  gardes du corps des forces spéciales.

Alpha Condé, 84 ans, souffrirait d’un cancer de la prostate. Il a été chassé du pouvoir le 5 septembre dernier par un putch militaire après avoir modifié la constitution du pays en vue de s’éterniser au pouvoir.

S’exprimant à la presse ce lundi, le dirigeant du Bloc Libéral (BL) Faya Millimouno, s’est insurgé contre le fait que les dirigeants guinéens continuent à se faire soigner à l’étranger.

«Je ne suis pas contre qu’il parte se faire soigner à l’extérieur, mais, cela m’a toujours déçu quand j’apprends que le chef d’État ou un ancien chef d’État guinéen sorte de la Guinée pour chercher sa santé, cela donne tout son bilan sur le plan de la santé», a-t-il précisé.

Pour l’instant on ignore pourquoi Alpha Condé a choisi les Emirats Arabes Unis pour ses soins médicaux. Mais de sources bien informées, le dirigeant déchu aurait des biens immobiliers et financiers dans ce pays du Golfe persique qu’il visitait régulièrement quand il était au pouvoir.

La tragédie des dictateurs africains.

Pendant plus de dix ans qu’il était au pouvoir, Alpha Condé a été incapable d’offrir à la Guinée un hôpital digne de ce nom, en dépit du fait que le pays avait reçu des millions de dollars d’aide pour la lutte contre Ebola. En revanche, il se glorifiait d’avoir réalisé des hôtels modernes qui, selon de nombreux observateurs, “n’arrangent que les prostitués et les narcotrafiquants.” Des maux de société que son régime avait ignoré la prolifération dans le pays.

Maintenant en disgrâce et au crépuscule de sa vie, il est obligé de se faire soigner à l’étranger, dans un pays de loin moins riche en ressources naturelles que la Guinée. Quelle tragédie!
Alsény Ben Bnagoura

 

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