Après son passage en force à la présidence impériale en octobre dernier à la faveur d’un tripatouillage constitutionnel, le dictateur guinéen, Alpha Condé, poursuit sa campagne d’intimidation et de répression à l’égard de ses critiques.

La dernière victime en date, c’est le journaliste sportif et l’historien Amadou Diouldé Dilallo, qui a été arrêté ce samedi 27 février 2021 et placé en détention préventive à la maison centrale de Conakry. Son crime? “Offense au chef de l’Etat.” Un délit en Guinée.

Commentant l’actualité nationale récemment sur les antennes d’une radio locale, le jouranliste n’a pas manqué de confier ses sentiments sur les traitements reservés à la communauté peulh en Guinée. Il estime que la récente décision du gouvernement guinéen de fermer les frontières avec ses voisins du Sénégal, de la Guinée Bissau et de la Sierra Leone est une violation flagrante des droits internationaux.

Sans ambages, il souligne que cette violation est motivée par la haine que le dirigeant guinéen voue à l’endroit des  peuls en général. Le journaliste insiste que le Sénégal et la Guinée Bissau particulierement ont été ciblés parce que les chefs d’etat de ces pays sont d’origine peulh.

Le droit de dire ce qu’il pense.

“Ce droit est garanti par la liberté d’expression et la liberté de presse. Mais il existe des limites à ces libertés:” C’est le cas typique de la Guinée auourd’hui où une personne peut être punie pour avoir exprimé une opinion. Cela est regrettable pour la Guinée, pays des rendez-vous manqués, un pas en avant, dix pas en arrière.

En prison, Diouldé clame son innonce en disant que son interprétation des faits ne représente que le sentiment populaire des guinéens qui souffrent des conséquences de la politique d’exclusion d’Alpha Condé.

Mais qu’est-ce qu’Alpha Condé lui même pense avoir gagné en arrestant “un journaliste Guellard” comme Amadou Diouldé Diallo qui vit du quotidien? Difficile de le dire, selon un observateur à Conakry qui a martelé:

“Alpha Condé ne gagne rien dans cette arrestation. Comme d’ailleurs les arrestations opérées sur les détenus politiques, la détention de ce journaliste ne peut apporter que des ennuis supplementaires dans un pays en profonde crise politique et sociale. De surcroit, confirmer devant l’opinion internationale le statut de paria que représente auourd’hui le dirigeant guinéen”.

Dans un communiqué, l’Union des journalistes sportifs africains condamne l’arrestation du journaliste Amadou Diouldé Diallo et exige sa libération sans condition.

Depuis la dernière élection présidentielle contestée du mois d’octobre dernier, des centaines d’opposants au régime fasciste de Conakry ont été arrêtés et emprisonnés en Guinée. Une situation vigoureusement dénoncée par la commission des droits de l’homme de l’ONU.

 

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