La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest a décidé, jeudi, de geler les avoirs financiers des nouveaux dirigeants guinéens, qui n’ont toujours pas annoncé de calendrier pour la mise en place d’une transition du pouvoir.

Comme au Mali, les militaires guinéens peuvent se prévaloir d’une certaine popularité, comme en attestent les manifestations de joie observées dans différents quartiers de Conakry, encore alimentée par la libération de dizaines de prisonniers d’opinion, la levée des barrages dressés dans les quartiers favorables à l’opposition, ou encore les engagements à sanctionner sévèrement toute exaction des forces de sécurité.

Ils ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution qu’avait fait adopter M. Condé en 2020 et qui avait ensuite invoqué ce changement de loi fondamentale pour se représenter après deux mandats, malgré des mois de contestation réprimée dans le sang.

Le chef de la junte le Lieutenant colonel Mamady Doumbouya, s’appuyant sur le sentiment populaire qui reclame justice, a rejeté la demande de la CEDEAO de libérer Alpha Condé en vue de l’envoyer en exil.

«Le seul calendrier qui vaille est celui du peuple guinéen qui a tant souffert», a-t-il déclaré mardi lors de la première journée de concertation. Il a exprimé sa volonté d’une démarche «inclusive» consistant à recueillir les propositions du plus grand nombre pour cette transition.

Le représentant des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, Mahamat Saleh Annadif, a dit, lundi à Conakry, escompter une transition d’une «durée raisonnable», qu’il appartiendra aux Guinéens de déterminer. AFP

 

AlloAfricaNews