En Guinée, l’octogénaire Alpha Condé qui a imposé à son pays une nouvelle constitution pour s’octroyer un troisième mandat controversé, a été déclaré sans surprise ce samedi par la CENI vainqueur de l’élection présidentielle tenue le 18 octobre dernier.

Alors que les partisans du pouvoir célèbraient sourdine cette victoire, des manifestations sporadiques ont éclaté dans certaines périphéries de la capitale guinéenne ainsi que  dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, faisant au moins trois morts, selon le ministère de la sécurité. Des commerces appartenant à la communauté peul ont été saccagés à Conakry.

Depuis le dimanche dernier une dizaine de guinéens, en majorité des jeunes, ont été tués par les forces de l’ordre dans un effort de supprimer les manifestations contre le 3ème mandat. Ces violences ont été condamnées par les Etats-Unis, la France et les Nations-unies qui ont boudé le processus démocratique en Guinée depuis le double scrutin tant décrié du mois de mars dernier.

L’opposition et le FNDC qualifient la proclamation de la CENI d'”un non événement” et rejettent en bloc ce résultat jugé fraudulent. Ils demandent également aux guinéens de poursuivre le combat pour la démocratie et de ne jamais céder à la haine et à la division, “pierre angulaire de la gouvernance d’Alpha Condé au cours des dix derinières années”, a lancé un opposant du régime.

Selon des observateurs, la décision de M. Alpha Condé de se maintenir au pouvoir vaille que vaille augure des perspectives sombres pour la Guinée. AlloAfricaNews.