Le glas a sonné. C’est du moins qu’on puisse dire à priori après la publication ce lundi d’un important communiqué du gouvernement de transition dirigé par le Premier ministre Mohamed Béavogui, sommant les anciens dignitaires du pays afin de libérer les domaines bâtis et non bâtis de l’Etat qu’ils occupent depuis belle lurette.

“Il est demandé à l’ensemble des anciens ministres, aux anciens hauts fonctionnaires de l’Etat, aux membres des institutions dissoutes de libérer les domaines bâtis et non bâtis de l’Etat qu’ils occupent. Par ailleurs, le gouvernement a entrepris l’inventaire de l’ensemble des biens immobiliers appartenant à l’Etat depuis 1958. Dans ce contexte, il est également demandé à tous les anciens ministres et les anciens hauts fonctionnaires des institutions de la République qui continuent à occuper les domaines bâtis et non bâtis de l’Etat de prendre attache avec le ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire et le secrétariat général à la présidence de la République qui sont chargés de l’application du présent communiqué pour l’application de cette mesure», a-t-on précisé dans ce  communiqué lu sur les antennes de la télévision nationale.

La mesure avec effet immédiat concerne les anciens dignitaires et autres cadres du pays, de la période du premier régime du président Ahmed Sékou Touré en passanat par celles de ses successeurs immédiats jusqu’à nos jours, selon le gouvernement.

Il s’agit là de nombreuses résidences officielles notamment à Conakry, des logements sociaux et des domaines reservés de l’Etat.

Dans cette situation, de nombreux cadres qui ne sont plus en fonction depuis des décennies. Morts ou vivants, ils ont profité des faiblesses du système en place pour s’approprier ces biens dans le but de les léguer à leurs descendants.

Parmi les anciens dignitaires notifiés par le gouvernement figure Amadou Damaro Camara. Jusqu’au 5 septembre dernier, celui-ci était le président de l’Assemblée nationale illégale et corrompue de Conakry – issue du ridicule double scrutin du 22 mars 2020, qui avait ouvert la voix à une présidence à vie que l’autocrate Alpha Condé croyait avoir sécurisé mais en vain.

Lors d’une récente sortie médiatique, le bambastique Damaro Camara -connu pour son arrogance sans limite et ses déclarations de mépris à l’endroit des opposants au régime défunt- se dit être victime- en ignorant le fait que personne n’est au dessus de la loi.

Une notification a été également envoyée à l’ancien Premier ministre Sidya Touré qui occupe un vaste domaine à Conakry autrefois reservé de l’Etat. Dans un posting sur les réseaux sociaux, il clame son innocence en affirmant qu’il avait légalement acheté ce domaine, après avoir décliné une offre de l’ancien dirigeant du pays le général Lansana Conté de l’avoir gratuitement. La question qui demeure est de savoir si le président Conté a lui même le droit d’attribuer ou de vendre un domaine de l’Etat à un individu et en vertu de quoi?

Si elle est appliquée à la lettre, cette mesure de “libérer les domaines bâtis et non bâtis de l’Etat” serait salutaire et un plus pour cette transition. Une autre indication en date que la junte militaire au pouvoi en Guinée est bien déterminée à endécoudre avec l’injustice,  l’impunité et le détournement rocambolesque des deniers publics. Cette situation endémique a caratérisé la méthode de gestion de tous les régimes qui se sont succédés depuis l’accession du pays à l’indépendance en 1958. Il faut en finir avec l’injustice pour que la Guinée bouge. Alsény Ben Bangoura

 

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