Isolé et sous presssion de la communauté internationale, le dictateur guinéen Alpha Condé a fait ce vendredi un geste “magnanime” limité envers l’opposition en libérant, sous conditions, quatre membres du bureau exécutif de l’UFDG incarcérés au lendemain de l’élection présidentielle contestée du 18 octobre 2020 en Guinée. Ce sont Ibrahima Cherif Bah, ancien gouverneur de la Banque centrale, Ousmane Gaoul Diallo, Abdoulaye Bah et Mamadou Cellou Baldé

Ils ont été libérés après avoir passé plusieurs mois dans une prison lugubre de Conakry reservée aux vulgaires criminels du pays.

Les conditions de leur remise en liberté sont notamment l’interdiction de se déplacer à
l’intérieur sans une autorisation préalable des autorités pénitentiaires. En outre, ils ne peuvent pas organiser des meetings politiques et ne sont pas non plus autorisés à quitter le territoire guinéen, un régime coercitif déjà imposé à leur patron de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo.

La libération de ces prisonniers politiques coincide avec la visite à Conakry du chef de l’Etat de la république démocratique du Congo et président en exercice de l’Union africaine Félix Tshisekedi Tshilombo.

De sources diplomatiques, M. Tshisekedi Tshilombo devait évoquer avec son homologue guinéen la crise politique en Guinée marquée par des violations répétées des droits de l’homme et la tourmente dans la sous région, en particulier, la fermeture des frontières de la Guinée avec le Sénégal et la Guinée Bissao. Face à ces questions, on s’attend à ce que le président congolais fasse des  suggestions à son interlocuteur en vue de briser l’impasse.

Leader historique de l’opposition devenu président, Alpha Condé était jàdis considéré comme un espoir pour des millions de guinéens, celui par qui le développement socio-économique devait arriver.

Mais son refus catégorique d’entreprendre des réformes et surtout son ambition démesurée
de rester au pouvoir à vie au terme de ses deux mandats constitutionnels, font de lui aujourd’hui un paria sur la scène internationale.

En septembre prochain, l’Union européenne, un partenaire clé de la Guinée, devrait se pencher sur des sanctions à prendre contre une vingtaine de cadres du régime guinéen qui seraient impliqués dans des crimes divers allant de la violation flagrante des droits de l’homme au détournement de deniers publics.

Alpha Condé en compagnie de ses homologues de la RDC et du Sénégal. Photo Archive (AFP)

Ces cadres, parmi lesquels le numéro 2 du régime et ministre de la défense Mohamed Diané, pourraient voir leurs avoirs dissimulés à l’étranger gélés et interdire de séjour dans plusieurs pays de l’espace Schengen.

“Si une telle mesure est adoptée par l’Union européenne, cela compliquerait davantage la situation pour Alpha Condé et je crois que la libération de ces cadres de l’opposition est un signal qu’il serait prêt à écouter afin d’éviter un isolement plus profond de son régime”, a souligné un spécialiste de la politique guinéenne basée à Abidjan. Alsény Ben Bangoura

 

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