Après la Suède, l’extrême droite fait une nouvelle percée en Europe avec la victoire de Giorgia Meloni aux législatives de dimanche en Italie, où pour la première fois depuis 1945 un parti post-fasciste pourrait gouverner le pays.

En restant dans l’opposition à tous les gouvernements qui se sont succédé depuis les législatives de 2018, Fratelli d’Italia (FdI) s’est imposé comme la principale alternative et est passé de 4,3% il y a quatre ans à environ un quart des voix (entre 22 et 26%), selon les premiers sondages de sortie des urnes, devenant ainsi le premier parti du pays.

La coalition qu’elle forme avec l’autre parti d’extrême droite, la Ligue de Matteo Salvini, et Forza Italia, le parti conservateur de Silvio Berlusconi, raflerait jusqu’à 47% des suffrages et avec le jeu complexe des circonscriptions, devrait s’assurer la majorité absolue des sièges aussi bien à la Chambre des députés qu’au Sénat.

Si ces résultats se confirmaient, FdI et la Ligue remporteraient ensemble «le pourcentage le plus élevé de votes jamais enregistré par des partis d’extrême droite dans l’histoire de l’Europe occidentale de 1945 à aujourd’hui», a relevé le Centre italien d’Etudes électorales (CISE).

La formation fondée fin 2012 par Giorgia Meloni avec des dissidents du berlusconisme devance le Parti démocrate (PD) d’Enrico Letta, qui n’a pas réussi à susciter un vote utile pour faire barrage à l’extrême droite et ne recueille qu’entre 17 et 21%.

La coalition a un «net avantage aussi bien à la Chambre qu’au Sénat», s’est réjoui sur Twitter Matteo Salvini.

Ce séisme intervient deux semaines après celui qui, en Suède, a vu la victoire d’un bloc conservateur comprenant les Démocrates de Suède (SD), parti issu de la mouvance néonazie qui a réalisé une forte percée, devenant la première formation de droite du pays nordique. SD et FdI font partie du même groupe au Parlement européen.

Dans ce qui a été (mal) perçu à Rome comme un avertissement sans frais, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a rappelé que l’UE disposait «d’instruments» pour sanctionner les Etats membres portant atteinte à l’Etat de droit et à ses valeurs communes.

Giorgia Meloni a prévenu Bruxelles qu’elle exigerait de revoir les termes de la relation de l’Italie avec l’UE: «La fête est finie, l’Italie va commencer à défendre ses intérêts nationaux», a-t-elle mis en garde.

Elle réclame notamment une réforme du pacte de stabilité et la renégociation, pour tenir compte de l’inflation, de l’aide colossale de 190 milliards d’euros octroyée par ses partenaires européens à la troisième économie de la zone euro pour se relancer après la pandémie.

Les Européens s’alarment aussi des positions sur les questions de société de « La Meloni », comme on l’appelle en Italie, dont la devise est «Dieu, famille, patrie», et qui est proche du Premier ministre hongrois Vitkor Orban. AFP

 

AlloAfricaNews