Prenant le contre-pied de la politique isolationniste de Donald Trump, le président élu Joe Biden a déclaré que «la diplomatie est de retour».

Le président élu démocrate Joe Biden tient à faire la différence, face à son prédécesseur. Alors qu’il présentait les premiers noms désignés pour l’accompagner à la Maison-Blanche, le 20 janvier, Joe Biden a prôné, mardi 24 novembre, le retour du multilatéralisme. « C’est une équipe qui reflète le fait que l’Amérique est de retour, prête à guider le monde et pas à s’en retirer », a-t-il déclaré accompagné de sa future vice-présidente Kamala Harris.

Cette première salve de nominations comprend plusieurs personnalités chevronnées ayant servi sous Barack Obama, comme Antony Blinken, futur chef de la diplomatie. « Nous ne pouvons pas résoudre seuls les problèmes du monde », a affirmé cet ex-numéro deux du département d’État. « Le multilatéralisme est de retour, la diplomatie est de retour », a renchéri la future ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield.

Lutter contre la crise climatique

Signalant son engagement à lutter contre la « crise climatique », une « menace existentielle », le futur 46e président des États-Unis a créé un rôle d’émissaire spécial pour John Kerry, ex-chef de la diplomatie américaine. «Je ne sous-estime pas une seule seconde les difficultés à respecter mes engagements audacieux», a lancé le président élu, qui a promis de revenir dès le premier jour de son mandat dans l’accord de Paris et de parvenir aux États-Unis à la neutralité carbone en 2050.

«Mais en même temps, personne ne devrait sous-estimer une seule seconde ma détermination à le faire», a-t-il ajouté dans un discours de moins de 15 minutes, sans accepter de questions. John Kerry, qui avait lui-même signé, au nom des États-Unis, l’accord sur le climat négocié en 2015, a pour sa part appelé la communauté internationale à encore «plus d’ambition».

Disant vouloir donner une plus grande place aux femmes et aux minorités, l’ancien vice-président de Barack Obama a désigné plusieurs pionniers, avec le premier Hispanique à la tête de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, et la première femme à la tête des services de renseignement, Avril Haines. Sur la scène avec eux, Jake Sullivan, nommé conseiller à la sécurité nationale, est un proche collaborateur de Joe Biden.

Feu vert pour la transition

Le démocrate prévoit aussi, selon une source dans son entourage, de nommer au Trésor l’ancienne présidente de la Banque centrale Janet Yellen, un poste jusqu’ici toujours occupé par des hommes. En choisissant ces personnalités qualifiées et habituées du pouvoir, Joe Biden signale un retour à une politique plus traditionnelle que son prédécesseur Donald Trump, arrivée à Washington sur la promesse de rompre avec l’establishment.

Après deux semaines d’un déni sans précédent dans l’histoire américaine, le président sortant a finalement donné lundi soir son feu vert à l’ouverture du processus de transition vers une administration Biden. Sans pour autant concéder sa défaite à la présidentielle du 3 novembre. Juste avant, l’agence gouvernementale chargée du protocole de transition, la GSA, avait envoyé une lettre informant Joe Biden qu’elle ouvrait finalement le processus, dans une décision «indépendante ».

Comprendre : pas sur commande du président sortant, mais après la certification des résultats dans plusieurs États clés et une volée de revers en justice pour l’équipe Trump. AFP

 

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