Le gouvernement guinéen a vivement rejeté le rapport de l’ONG Amnesty international sur la situation des droits de l’homme en Guinée, au motif que ce document rendu public mercredi dernier contient «des faits insuffisamment vérifiés et recoupés».

«Ce rapport alternatif qui voudrait contredire celui élaboré par les autorités guinéennes pour être présenté à l’Examen Périodique Universel (EPU) » présente « des faits insuffisamment vérifiés et recoupés», a notamment déclaré le porte-parole du Gouvernement, au sortir du Conseil des ministres, tenu jeudi soir.

Selon Aboubacar Sylla, le rapport d’Amnesty international «passe volontairement sous silence les efforts et les progrès significatifs réalisés dans la consolidation de l’Etat de droit et dans l’amélioration de la conduite des forces de sécurité dans les opérations de maintien d’ordre».

Le document de l’ONG, a ajouté M. Sylla, «n’évoque pas les difficultés particulières qui compliquent les procédures judiciaires comme la nature violente et chaotique de certaines manifestations, le désordre immédiat de la scène de crime et le manque de confiance entre certaines populations et le personnel d’application de la Loi».

«L’ONG, en n’évoquant que superficiellement les efforts fournis dans le cadre légal et règlementaire (adoption d’un nouveau Code pénal, casernement des militaires, utilisation formelle du matériel conventionnel de maintien d’ordre, fouille des policiers et gendarmes avant toute opération pour s’assurer du non port d’armes létales, etc…) voudrait accréditer l’idée d’un manque total de volonté politique de la part des autorités pour améliorer la situation des Droits humains en Guinée », a en outre affirmé Aboubacar Sylla.

Intitulé «Guinée: Les voyants au rouge à l’approche de l’élection présidentielle de 2020», le rapport d’Amnesty international soutient que depuis janvier 2015, au moins 70 manifestants et passants ont été tués, 109 morts en détention et des journalistes ciblés.

Regroupés au sein du Front national pour défense de la Constitution (FNDC), l’opposition guinéenne et plusieurs mouvements de la société civile organisent fréquemment des marches et meetings pour s’opposer à la tenue d’un référendum qui, selon eux, a pour objectif de permettre à Alpha Condé de briguer un 3e mandat. APA

 

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