La résolution, initiée par le Liechtenstein, oblige les cinq membres permanents du Conseil de sécurité à justifier leur recours au veto. Une réforme rare relancée par l’invasion russe.
Il s’agira désormais de se justifier. L’Assemblée générale des Nations unies a adopté par consensus, mardi 26 avril, une résolution obligeant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU à justifier leur recours au veto. Une réforme rare qui a été relancée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Ciblant directement les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni, seuls détenteurs du droit de veto, la mesure initiée par le Liechtenstein a vocation à leur “faire payer un prix politique plus élevé” lorsqu’ils y auront recours, résume un ambassadeur d’un pays n’en disposant pas sous couvert d’anonymat.

Interrogé sur la réforme lors de son premier déplacement en Russie depuis l’invasion de l’Ukraine, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dit être “très favorable à un usage modéré du droit de veto”.

“Le veto a probablement été utilisé trop de fois. Dans de nombreuses circonstances, il est utilisé sans que les intérêts vitaux d’un pays n’existent.”

Un texte non contraignant qui “ne vise personne”

Le projet “ne vise personne”, a assuré l’ambassadeur du Liechtenstein, Christian Wenaweser. “Il n’est pas dirigé contre la Russie”, a-t-il insisté alors que la mise au vote après plus de deux ans de gestation infructueuse a coïncidé avec la paralysie du Conseil de sécurité pour faire arrêter l’invasion russe, due au droit de veto de Moscou.

Le texte n’est pas contraignant et rien n’empêche un pays ayant utilisé son veto de ne pas venir l’expliquer devant l’Assemblée générale. Depuis 1946, la Russie a recouru 143 fois au droit de veto, loin devant les Etats-Unis (86 fois), le Royaume-Uni (30 fois), la Chine et la France (18 fois chacune). AFP

 

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