Le chef des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique iranienne, a prévenu samedi que tout pays qui attaquerait l’Iran verrait son territoire devenir le «principal champ de bataille», au lendemain de l’annonce de l’envoi de renforts militaires américains dans le Golfe.

«Quiconque veut que sa terre devienne le principal champ de bataille, allez-y», a dit le général de division Hossein Salami en conférence de presse à Téhéran, une semaine après des attaques sur des installations pétrolières saoudiennes revendiquées par les rebelles yéménites, mais attribuées à Téhéran par Riyad et Washington.

«Le président a approuvé le déploiement de forces américaines, qui seront défensives par nature», a annoncé vendredi le ministre américain de la Défense Mark Esper, estimant que les attaques du 14 septembre « représentent une escalade spectaculaire de l’agression iranienne».

Ces attaques, qui ont réduit la production de pétrole saoudienne et entraîné une flambée des prix de l’or noir, ont ravivé les craintes d’un affrontement militaire entre les États-Unis et l’Iran. En juin, la destruction d’un drone américain par l’Iran avait déjà fait craindre une escalade.

«Nous ne permettrons jamais qu’une guerre empiète sur le territoire de l’Iran », a ajouté le général Salami lors de l’inauguration d’une exposition au Musée de la Défense sacrée et de la Révolution islamique, dédiée aux drones que l’Iran dit avoir capturés.

Des débris du RQ-4 Global Hawk abattu en juin et le missile iranien utilisé pour l’abattre ainsi qu’un RQ-170 Sentinel intact capturé en 2011 ont été dévoilés.

«Que font vos drones dans notre espace aérien ? Nous les abattrons », a dit le général, affirmant que l’Iran avait vaincu la « domination technologique américaine ».
« Nous espérons qu’ils ne feront pas d’erreur stratégique » comme par le passé, a ajouté le général iranien, avant d’énumérer une série d’«aventures » historiques des États-Unis contre l’Iran et d’indiquer que son pays était « prêt à tous les types de scénarios».

«Retenue»

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a lui affirmé jeudi qu’une riposte saoudienne ou américaine en Iran entraînerait une « guerre totale », précisant toutefois que son pays ne voulait pas la guerre, mais se défendrait si besoin.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait qualifié mercredi les attaques d’«acte de guerre», mais affirmé le lendemain que son pays privilégiait une «solution pacifique».

Publiquement, le président américain Donald Trump s’est montré de moins en moins enclin à des représailles militaires.

«Il n’y a jamais eu de pays plus préparé», a-t-il prévenu vendredi. «Ce serait la solution de facilité pour moi», «frapper 15 sites majeurs en Iran […] Mais ce n’est pas ce que je privilégie, si possible», a-t-il enchaîné, vantant les mérites de la « retenue».

Contre toute attente, les rebelles yéménites Houthis ont eux aussi adopté une attitude moins belliqueuse en annonçant vendredi soir envisager l’arrêt de toutes les attaques contre l’Arabie saoudite pour mettre fin à un conflit de cinq ans au Yémen, après avoir menacé ces derniers jours de lancer de nouvelles attaques contre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

«Options militaires»

Le déploiement de renforts américains est «une première mesure en réponse à ces attaques» à la demande «de l’Arabie et des Émirats», a ajouté M. Esper.

Le nombre exact des troupes et l’équipement envoyé n’ont pas été décidés, mais il s’agira d’un déploiement «modéré», qui ne se comptera pas en milliers, selon l’état-major américain.

«Parfois, ils parlent d’options militaires », a déclaré le général Salami, avertissant qu’une « agression limitée ne resterait pas limitée » puisque l’Iran serait catégorique dans sa réponse.

Les tensions entre les deux pays n’ont cessé de croître depuis le retrait unilatéral des États-Unis en mai 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l’Iran.

Vendredi, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions sur le secteur bancaire iranien, notamment contre la Banque centrale. « Cela signifie qu’il n’y aura plus d’argent qui ira aux Gardiens de la révolution […] pour financer le terrorisme », a assuré le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Selon M. Zarif, à New York avant l’Assemblée générale de l’ONU, cela montre que « les États-Unis tentent de bloquer aux Iraniens l’accès à la nourriture et aux médicaments ».

Ces nouvelles sanctions montrent que les États-Unis sont «désespérés» et que «leur politique de pression maximale (contre l’Iran) a atteint sa fin», a-t-il dit, selon l’agence semi-officielle Isna. AFP

 

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