Les vastes réserves sous-marines de gaz découvertes au large du Mozambique sont estimées à 5.000 milliards de m3.

Total est confiant. Son calendrier pour l’exploitation du gaz dans le nord du Mozambique, à partir de la mi-2024, devrait être respecté en dépit des incertitudes causées par la pandémie de Covid-19 et les attaques islamistes dans la région.

Un projet à 25 milliards de dollars

Pourtant, malgré les propos rassurants vendredi de Ronan Bescond, directeur général de Total pour le Mozambique, les choses sont loin d’être simples. La construction de ce méga projet d’exploitation de gaz, d’un montant de 25 milliards de dollars, a été interrompue pendant environ deux mois à la suite de la découverte de nombreux cas de Covid-19 sur le site.

«Le premier cas (…) sur le site a été enregistré le 1er avril et un total de 96 travailleurs ont contracté la maladie. Parmi eux, 92 sont guéris et quatre sont toujours soignés», a précisé Ronan Bescond. Selon lui, Total compte reprendre une activité normale sur le site d’ici septembre.

Le projet est le premier développement terrestre d’une usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au Mozambique, où de vastes réserves sous-marines ont été découvertes au début des années 2000. Le projet est situé dans la province du Cabo Delgado, en proie depuis 2017 à une insurrection islamiste, qui a fait au moins 1.100 morts, selon un décompte de l’ONG Armed Conflict Location and Event Data Project (Acled), et causé le déplacement de plus de 210.000 personnes, selon les Nations unies.

La sécurité en question

«En ce qui concerne la sécurité, c’est une situation qui nous inquiète mais cela n’affecte pas directement la société. Nous travaillons avec le gouvernement pour assurer la sécurité du site et des personnes », a précisé Ronan Bescond en visite à Palma (nord). «C’est un projet très important et le gouvernement fait tout pour veiller à son succès», lui a assuré le ministre mozambicain des Ressources naturelles, Ernesto Max Tonela, qui avait aussi fait le déplacement.

Estimées à 5.000 milliards de m3, les vastes réserves sous-marines de gaz découvertes au large du Mozambique doivent transformer un des pays les plus pauvres de la planète en un exportateur de gaz naturel liquéfié de tout premier plan. L’Américain ExxonMobil et l’Italien ENI sont aussi sur les rangs pour exploiter ces richesses naturelles. AFP

 

AlloAfricaNews