Les opérations de secours ont pris fin jeudi à Lagos au lendemain de l’effondrement d’un immeuble qui a fait moins neuf morts, piégé des dizaines d’écoliers et provoqué la colère des habitants contre un gouvernement accusé de négligence.

Le vieil immeuble abritant une école maternelle et primaire, ainsi que des appartements et des commerces, s’était écroulé subitement mercredi matin à Lagos Island, un quartier densément peuplé de la capitale économique.

Les habitants du voisinage, des pompiers et d’autres services de secours ont tenté jusqu’au petit matin de dégager les gravats avec l’aide de grues et de bulldozers, dans le chaos et la confusion.

Un responsable des services de secours locaux, Kehinde Adebayo, a finalement annoncé jeudi en milieu de matinée que les opérations de recherche avaient pris fin.
“Nous avons atteint le rez-de-chaussée. Les décombres ont été dégagés. Toutes les personnes piégées ont été évacuées et l’opération de sauvetage est terminée”, a-t-il dit à l’AFP.

Il a précisé que le recensement du bilan définitif des victimes était en cours avec les différentes agences de secours et les hôpitaux.

Le dernier bilan disponible était de neuf morts, selon le porte-parole de l’Agence nationale de gestion des urgences (Nema) Ibrahim Farinloye, après la découverte d’un nouveau corps extrait des décombres durant la nuit.

Quelque 37 survivants ont pu être secourus, avait-il précisé la veille au soir.

Plusieurs voisins de l’immeuble ont assuré que l’école accueillait un total 144 élèves. Mais selon Zion Munachi, un commerçant, tous n’étaient pas dans le bâtiment lorsqu’il s’est écroulé car des activités sportives étaient organisées à l’extérieur.

Alors que de nombreux parents cherchaient toujours désespérément leurs enfants dans les hôpitaux de Lagos où ont été acheminés les blessés évacués, la colère montait sur les lieux du drame où l’espoir de retrouver d’autres survivants était nul jeudi matin.

“La vérité, c’est que le gouvernement est responsable”, s’emportait un commerçant, Adeniyi Afolabi. “Ils auraient du venir et démolir de force ces bâtiments”.
“Il fallait chasser (les occupants), mais aussi essayer de leur trouver une solution alternative parce que ces logements ne sont pas sûrs”.

Le gouverneur de Lagos, Akinwunmi Ambode, a affirmé que l’école était “illégale” et que les autorités avaient ordonné la démolition de plusieurs bâtiments dans la zone, accusant les propriétaires d’avoir contourné ces directives.

“La plupart des bâtiments du centre-ville de Lagos sont vieux et ne répondent pas aux normes minimum”, a confirmé à l’AFP l’un des principaux constructeurs immobiliers à Lagos, Alani Fasiu Amusa.

“Ils ont été construits il y a de nombreuses années avec des matériaux de mauvaise qualité et en l’absence d’ingénieurs en bâtiment qualifiés”, a-t-il ajouté.
Malgré cette situation, de très nombreux immeubles abandonnés ou désaffectés de cette partie de la ville sont encore squattés de manière plus ou moins informelle par des familles ou des commerçants.

Des effondrements meurtriers de bâtiments se produisent fréquemment au Nigeria, où les règles de construction sont régulièrement bafouées.

L’accident le plus médiatisé s’est produit en septembre 2014, lorsque 116 personnes, dont 84 Sud-Africains, ont été tuées à Lagos après l’effondrement d’un bâtiment de six étages dans lequel un célèbre télévangéliste, Joshua TB, prêchait.

L’enquête a conclu à des défaillances structurelles du bâtiment, dont la construction était illégale. AFP

 

AlloAfricaNews