L’Iran a annoncé lundi produire de l’uranium enrichi à au moins 4,5%, au-delà de la limite autorisée par l’accord nucléaire conclu à Vienne en 2015, et mis en garde les Européens contre toute réaction susceptible d’envenimer la situation.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé que l’Iran avait commencé à enrichir de l’uranium à un degré supérieur à celui autorisé par l’accord.
L’Union européenne a appelé l’Iran à “cesser et à revenir sur ses activités qui sont contraires aux engagements pris dans le cadre” de l’accord, soulignant qu’elle était “très préoccupée”.

Le président américain Donald Trump s’est entretenu au téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron, qui dépêche à Téhéran son conseiller diplomatique pour oeuvrer à une “désescalade”.

Les deux hommes “ont discuté des efforts en cours pour s’assurer que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire et pour mettre fin au comportement déstabilisateur de l’Iran au Moyen-Orient”, selon la Maison Blanche.

Cité par l’agence semi-officielle Isna, le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, avait annoncé plus tôt que “le degré de pureté” de l’uranium enrichi produit par l’Iran atteignait désormais “4,5%”.

Dimanche, Téhéran avait annoncé avoir commencé à enrichir l’uranium à un degré supérieur à la limite de 3,67% imposée par l’accord de Vienne.

– “Terrorisme économique” –

D’après Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, les besoins du pays pour ses “activités (nucléaires) pacifiques”, à savoir l’alimentation en combustible de sa centrale électrique atomique, correspondent à de l’uranium enrichi à 5%.

Ce niveau reste loin des 90% nécessaires pour envisager la fabrication d’une bombe atomique. Mais la décision iranienne menace encore davantage l’accord de Vienne, fragilisé depuis que Washington s’en est retiré en mai 2018 avant de rétablir des sanctions économiques contre Téhéran.

En riposte au retrait américain, l’Iran a annoncé le 8 mai qu’il commençait à s’affranchir de certains engagements afin de forcer les parties restantes à l’accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie) à l’aider à contourner les sanctions américaines.

Celles-ci privent l’Iran des bénéfices économiques qu’il attendait du pacte, par lequel il a accepté de réduire drastiquement ses activités nucléaires en échange de la levée d’une partie des sanctions internationales qui l’asphyxiaient. AFP

 

AlloAfricaNews

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