Le sénateur socialiste Bernie Sanders arrivait mardi soir en tête de la primaire démocrate du New Hampshire, suivi par les modérés Pete Buttigieg et Amy Klobuchar, désormais installés dans le groupe des candidats susceptibles de défier Donald Trump en novembre.

Sur deux tiers des bureaux de vote, le sénateur indépendant Bernie Sanders remportait 26,4 % des voix, suivi par l’ex-maire Pete Buttigieg (23,9 %) et la sénatrice Amy Klobuchar (20 %), selon les comptabilisations des médias américains.

Longtemps favori, l’ancien vice-président Joe Biden a essuyé un cuisant revers en n’arrivant que cinquième, loin derrière (8,5 %).

Il est devancé par la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (9,4 %) qui elle aussi enregistre un score extrêmement décevant.

«Bonjour l’Amérique, je suis Amy Klobuchar et je battrai Donald Trump » : triomphante, devant une nuée de drapeaux vert, couleur de sa campagne, la sénatrice du Minnesota âgée de 59 ans s’est réjouie de son résultat dans le New Hampshire.

«J’ai hâte de […] gagner en rassemblant un mouvement de démocrates enthousiastes, d’indépendants et de républicains modérés », a lancé la petite-fille d’un mineur en rappelant ses origines humbles.

Bernie Sanders, 78 ans, et Pete Buttigieg, 38 ans, se présentaient en favoris dans cette primaire du New Hampshire après avoir dominé il y a huit jours dans l’Iowa.

L’ancien maire de South Bend, une ville d’une centaine de milliers d’habitants dans l’Indiana, l’avait emporté d’un cheveu contre le sénateur du Vermont lors de ces premiers « caucus », ces assemblées traditionnelles d’électeurs qui ouvrent le bal des primaires.

L’Iowa et le New Hampshire, deux petits États, sont des tremplins pour les candidats dans la longue route qui mène à l’investiture présidentielle.

Après deux abandons mardi soir, neuf candidats sont encore en lice pour défier Donald Trump le 3 novembre. Et ces dix derniers jours, des mouvements importants semblent s’être opérés dans les rapports de forces.

Sondages nationaux

Une première depuis le début des primaires : Bernie Sanders a doublé l’ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, dans les sondages nationaux, même si ces derniers sont à prendre avec beaucoup de précautions car ces primaires se jouent dans des scrutins distincts dans chacun des 50 États.

Pete Buttigieg n’arrive lui qu’en cinquième place dans cette moyenne nationale. Mais dans une course électorale où les tendances importent grandement, il affiche une courbe en nette hausse depuis sa victoire dans l’Iowa.

Les résultats du New Hampshire devraient donner un grand élan aux deux hommes avant les prochains votes des primaires : le Nevada le 22 février puis la Caroline du Sud le 29 février.

C’est là que Joe Biden jouera la suite de sa campagne.

En piteuse position, il a quitté le New Hampshire avant même les résultats pour se rendre directement en Caroline du Sud et y tenir une réunion publique. L’ancien vice-président de Barack Obama y est donné très largement favori, car il bénéficie de forts soutiens dans la population noire, majoritaire parmi les les électeurs démocrates de cet État.

«Ce n’est pas fini mon gars, nous ne faisons que commencer», a-t-il lancé, souriant.
Mais pour Joe Biden, tout pourrait vite s’enrayer, les soutiens le quitter, et les donateurs, nerfs de la guerre électorale aux États-Unis, le déserter.

Tous les yeux se tourneraient alors vers le milliardaire et ex-maire de New York Mike Bloomberg, troisième dans les sondages nationaux, qui a fait l’impasse sur les premiers États pour entrer en lice à partir du « Super Tuesday », lorsqu’une quinzaine d’États voteront le 3 mars.

Sénateur socialiste

Se déclarant «socialiste», un mot longtemps connoté à l’extrême gauche aux États-Unis, Bernie Sanders prône depuis des décennies une «révolution» politique pour parvenir à une société plus juste.

Son message, encore considéré comme trop à gauche par de nombreux démocrates lors de sa première tentative présidentielle ratée en 2016, résonne désormais plus fortement.
En face, Pete Buttigieg plaide pour une voie plus centriste, affirmant être plus apte à rassembler les démocrates mais aussi à tendre la main aux indépendants et aux «futurs ex-républicains».

Un temps favorite, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, a salué, dans le New Hampshire, les «solides» résultats de MM. Sanders et Buttigieg, et félicité Amy Klobuchar.

Comme Joe Biden, l’ancienne professeure en droit de Harvard, pourfendeuse de Wall Street, a voulu se projeter dans l’après-New Hampshire. En affirmant qu’après l’avalanche de votes du «Super Tuesday», seuls trois candidats pourraient rester en lice: Bernie Sanders, Joe Biden et elle.

Et qu’elle serait alors «la mieux placée pour […] battre Donald Trump».
Observant d’un œil ironique la guerre des démocrates, Donald Trump a jugé que la sénatrice avait passé une «très mauvaise soirée». Il l’a encore surnommée «Pocahontas», en référence à la polémique sur les origines amérindiennes très lointaines longtemps revendiquées par la sénatrice.

«Je pense qu’elle signale qu’elle veut sortir de la course», a-t-il tweeté. AFP

 

AlloAfricaNews