Kigali, comme d’habitude, on multiplie les démentis en assurant que le pays n’est pas impliqué. Mais il y a longtemps que la parole des autorités rwandaises sur le Congo n’inspire plus la moindre crédibilité.

Le Rwanda est même devenu le repaire des criminels figurant sur la liste actualisée de la Cour Pénal Internationale[1], ce qui ne les empêche pas de continuer à déverser des hordes de combattants sur le Kivu pour assurer le drainage vers Kigali des minerais de sang.

 La clémence des Occidentaux semble maintenant épuisée, et on ne prend plus de gants pour critiquer le comportement des dirigeants rwandais. Les Etats-Unis, longtemps l’allié indéfectible du régime, ont donné le ton en annonçant la suspension d’une enveloppe de 200.000 $ destinée au financement d’une école militaire au Rwanda.

Le montant est faible mais le symbole est fort. D’autant plus qu’avant d’annoncer cette suspension de l’aide militaire, ils avait autorisé la publication du rapport des experts des Nations Unies accusant des hauts gradés de l’armée rwandaise d’avoir fourni des armes et des combattants aux rebelles du mouvement M23.

Que les noms des dirigeants rwandais soient ainsi jetés en pâture, avec l’accord des Etats-Unis, c’est une première. D’autres alliés du Rwanda n’ont pas tardé à emboîter le pas aux Américains.

 Les Pays-Bas ont annoncé la suspension d’une aide de 5 millions d’euros destinée à l’amélioration de l’aide judiciaire. La Grande Bretagne suspend le versement de 25 millions de dollars prévu ce mois-ci et l’Allemagne suspend le versement de 26 millions de dollars prévu sur les trois années à venir.

On a touché le talon d’Achille du régime car le Rwanda ne peut pas se passer de l’aide que lui apportent chaque année les bailleurs occidentaux. Son budget dépend pour moitié de l’aide extérieure. Mais il y a pire. Non seulement le retrait du soutien financier sonne comme un (…) Lire la suite sur agoravox.fr