Les Etats-Unis ont rappelé leur ambassadeur au Soudan du Sud pour “réexaminer” leurs relations avec ce pays, en l’absence de formation d’un gouvernement d’union nationale dans les délais prévus.

L’ambassadeur Thomas Hushek est rappelé “pour consultations liées au récent échec des parties à former un gouvernement intérimaire d’union nationale” avant la date-butoir du 12 novembre 2019, a déclaré le 25 novembre la porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus dans un communiqué.

Les parties se sont donné un nouveau délai de 100 jours

“Nous réexaminons notre relation avec le gouvernement du Soudan du Sud”, a prévenu de son côté dans un tweet le secrétaire d’Etat Mike Pompeo.

(Nous avons rappelé notre ambassadeur pour consultation, afin de réévaluer nos relations avec le gouvernement du Soudan du Sud. Nous allons travailler avec la région pour apporter notre soutien à l’obtention de la paix et une transition politique réussie au Soudan du Sud).

Le président sud-soudanais Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar avaient jusqu’au 12 novembre pour surmonter leurs différends et former ce gouvernement d’union censé éviter que ce jeune Etat indépendant ne replonge dans un conflit à grande échelle. Mais ils ont échoué et se sont fixé un nouveau délai de 100 jours pour y parvenir.

A l’approche de la date-butoir, les Etats-Unis, qui ont été parmi les principaux soutiens de l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, avaient manifesté leur impatience, laissant planer la menace de sanctions si les dirigeants échouaient à former le gouvernement. Washington a “de nombreux outils à sa disposition et nous n’hésiterons pas à les utiliser”, avait ensuite prévenu mi-novembre le haut responsable du département d’Etat chargé de l’Afrique, Tibor Nagy.

“Les deux dirigeants, et j’utilise des guillemets lorsque je parle de ‘dirigeants’, sont clairement assez satisfaits de la situation actuelle”, avait-il déploré. “La communauté internationale fournit de la nourriture, des médicaments et tous les biens de première nécessité dont la responsabilité revient normalement aux gouvernements. En gros, ils ne font rien”, avait-il dénoncé.

Les Etats-Unis donnent environ un milliard de dollars par an à Juba, essentiellement en aide humanitaire.

Une défiance profonde entre Salva Kiir et Riek Machar

Ce n’est pas la première fois que Salva Kiir et Riek Machar échouent à mettre en œuvre un accord de paix qu’ils ont eux-mêmes signé. La défiance entre les deux hommes est profonde et la guerre avait éclaté en décembre 2013 lorsque M. Kiir, un Dinka, avait accusé M. Machar, alors son vice-président, membre de l’ethnie Nuer, de fomenter un coup d’Etat.
Le conflit, marqué par des atrocités de masse, a fait selon une estimation quelque 380 000 morts et contraint quatre millions de personnes à fuir leurs foyers. AFP

 

AlloAfricaNews

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